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Manque d’effectifs ambulanciers : le ministre joue sur les mots selon le syndicat

Est-ce que le manque d’ambulances serait en cause dans deux décès survenus dans les derniers jours dans la région de Québec ? C’est ce que pensent les paramédics.

« Les deux cas récents de décès ne sont que la pointe de l’iceberg », insiste Frédéric Maheux.

Dans la nuit de jeudi, à 4h30, un appel pour une intervention non urgente. Aucune ambulance n'était disponible. 24 minutes plus tard, un second appel est logé, l'état de santé patient se serait détérioré et serait même en arrêt cardiaque. Il aurait fallu 35 minutes pour qu'une ambulance arrive sur place.

Dans la nuit de vendredi, à 1 h 26 un appel pour un malaise. L'ambulance est arrivée sur place 15 minutes plus tard. Des manoeuvres de réanimation ont été effectuées, mais le décès a été constaté à l'hôpital.

Réplique des paramédics

Dans un communiqué émis hier, le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette prétend rectifier les faits sur le décès survenu jeudi matin à Val-Bélair. Selon lui, il y aurait eu quatre ambulances disponibles au cours de cette intervention et non deux. « Le ministre joue sur les mots » selon Frédéric Maheux, président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN).

« Ce que le ministre ne dit pas c’est que deux des quatre ambulances dont il parle étaient en pause-repas, donc pas disponible immédiatement » explique le président de l’ATPH–CSN. Les véhicules en pause-repas ne sont pas considérés comme des ressources de premier plan parce qu’il y a des délais pour les faire intervenir. « Dans le cas précis de l’appel de jeudi matin, on ne peut dire que les normes furent respectées à partir du moment où l’appel a changé de priorité. Le compteur ne recommence pas à zéro quand la priorité change. Ce qui compte pour le patient et sa famille c’est le délai entre l’heure de l’appel et l’heure d’arrivée. On manipule les chiffres ici. S’il y avait eu assez de véhicules sur le terrain, nous serions arrivés avant que l’état du patient ne se détériore parce que le point stratégique le plus proche aurait été couvert, ce qui n’était pas le cas » déplore Frédéric Maheux. « Soit le ministre est mal informé, soit il tord la vérité pour marquer des points dans l’opinion publique » s’insurge M. Maheux.

« Les deux cas récents de décès ne sont que la pointe de l’iceberg », insiste Frédéric Maheux.

Chaque jour les paramédics sont confrontés à des dizaines de cas de délais d’affectation anormal à cause du manque de ressources. « Il ne s’agit pas d’inquiéter la population, mais de dénoncer une situation inacceptable et dangereuse », soutien Frédéric Maheux dont le syndicat n’a pas attendu les décès récents avant de tirer la sonnette d’alarme (rappelons qu’un communiqué sur la question a été émis le 27 septembre dernier).

« Je trouve déplorable que le ministre laisse entendre que les sorties sur le manque d’effectifs ambulanciers soient liées aux négociations » s’indigne Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN). « Nous intervenons régulièrement sur la question depuis 2003, les paramédics ne sont quand même pas en négociation depuis plus de 15 ans ! »

Actuellement, tant le CIUSSS de la Capitale-Nationale que les entreprises ambulancières, les syndicats et les paramédics sur le terrain déplorent le manque d’effectifs. « Le ministre ne peut pas se cacher derrière les négociations pour faire la sourde oreille et se fermer les yeux sur la réalité. Il se doit d’agir afin d’assurer la sécurité de la population » s’indigne Ann Gingras.

Rappelons que le dernier ajout d’ambulances dans la région de Québec date de 2012 et que les études s’accordent pour dire que les changements dans la population commanderaient d’en ajouter encore.

L’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN) regroupe 330 paramédics de la région de Québec. Le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) regroupe les syndicats CSN sur le territoire de la Capitale-Nationale et de la région de Chaudière-Appalaches. Il représente 240 syndicats et plus de 45 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

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Communiqué du ministre Barette émis hier par le ministre Barrette

À la suite d'un événement survenu à Val-Bélair cette nuit, certaines affirmations erronées ont circulé quant au délai d'intervention des services préhospitaliers d'urgence. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, monsieur Gaétan Barrette, souhaite rectifier les faits.

Contrairement à ce qui a été affirmé par les techniciens ambulanciers paramédics, il y avait quatre  ambulances disponibles au cours de cette intervention, et non deux. Celles-ci se positionnent de manière dynamique afin de couvrir de façon optimale l'ensemble du secteur de Québec métropolitain et d'intervenir le plus rapidement possible sur tout le territoire, en fonction des affectations de véhicules ambulanciers découlant des priorités déterminées par les renseignements reçus par le Centre de communication santé des Capitales.

L'appel reçu à 1 h 26 par le Centre 911 santé a d'abord été classé comme un cas de priorité 3 (P3), et une ambulance s'est immédiatement mise en route. À 1 h 34, l'appel a par la suite été classé priorité 1 (P1), après un arrêt cardio-respiratoire du patient. Les techniciens ambulanciers paramédics sont arrivés sur les lieux à l'intérieur d'un délai de cinq minutes suivant ce nouveau classement, c'est-à-dire à 1 h 39. Le temps de réponse en fonction du classement P1 a été de cinq minutes, soit dans les normes.

Il est dommage que certaines situations soient rapportées de manière à discréditer l'organisation des services ou à inquiéter la population. La sécurité des gens est notre priorité.

Rappelons que les techniciens ambulanciers paramédics sont présentement en moyens de pression.

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