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Hommage à 8 personnes pour les actes de civisme exceptionnels

  • Publié dans DIVERS

Le 4 février 2019, le gouvernement du Québec rendait hommage à 8 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu'elles avaient accomplis au cours de l'année 2017. La cérémonie du prix Hommage au civisme s'est tenue à la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. Elle était présidée par la ministre de la Justice, madame Sonia LeBel. La ministre a alors remis 6 médailles du civisme et 2 mentions d'honneur du civisme.  Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun des 8 récipiendaires.

Les actes de civisme ont été soulignés dans le cadre de la 33e édition de la cérémonie Hommage au civisme.

MÉDAILLES DU CIVISME
La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Lotbinière - Patrick Beaulieu et Robert Masson 

En cette veille de la Saint-Jean Baptiste, Robert s’affaire dans son cabanon à Saint-Apollinaire. Soudain, vers 15 h, il entend un gros boom percer le silence des environs.

Croyant qu’il s’agit d’une collision entre un animal et une voiture, Robert s’approche de la rue, mais ne voit rien. Il se dirige alors vers le lac des Sources, qui fait face à sa maison.

Dans le lac, il aperçoit une voiture qui commence à couler dans les eaux. Comme son moteur est toujours en marche, les roues tournent continuellement dans le vide, ce qui déplace lentement le véhicule vers la droite.

Robert réalise avec effroi qu’un homme est effondré contre le volant. Il tente du mieux qu’il peut d’attirer l’attention du conducteur. Il siffle et fait du bruit, sans succès : la victime est inconsciente.

Sans attendre, Robert retourne chez lui, appelle les secours et son voisin Patrick puis raccroche rapidement pour aller porter secours à l’homme.

La voiture s’enfonce de plus en plus dans l’eau. Comme le cours d’eau a une profondeur de 9 mètres, elle risque d’être bientôt submergée. Robert remarque aussi qu’elle s’est éloignée de la rive, se trouvant, à cet instant, à 18 mètres de la rive.

Sans prendre le temps de se dévêtir, Robert s’empare d’une hache et saute à l’eau. Il nage jusqu’au véhicule, qui continue lentement de s’enfoncer dans le lac.

Une fois qu’il a atteint le véhicule, Robert tente d’ouvrir les portières l’une après l’autre, mais elles sont verrouillées. Il utilise donc sa hache pour briser la vitre du côté conducteur.

Toujours inconscient, le conducteur a maintenant de l’eau jusqu’à la taille. Comme l’eau est trouble, Robert peine à détacher la ceinture de l’homme, s’y essayant à plusieurs reprises, tandis que l’eau s’engouffre à l’intérieur de la voiture.

Après un moment, Robert est cependant à court de ressources. Remarquant alors la présence de Patrick sur la rive, il crie à l’aide. Immédiatement, Patrick saute à l’eau et parcourt à la nage les 18 mètres le séparant de la voiture.

Une fois rendu à la voiture, Patrick plonge sous l’eau. Il arrive bientôt à détacher la ceinture du conducteur. Puis, il saisit fermement le corps inerte de l’homme, le tire par le collet et le remonte à la surface.

Comme les deux sauveteurs ne touchent pas le fond de l’eau, ils commencent déjà à se fatiguer. Ils parviennent tout de même à tourner le conducteur sur le dos et à le ramener à la rive.

Grâce à leur intervention risquée et périlleuse, ces deux hommes courageux ont sauvé une vie. 

Article en lien avec le sauvetage publié sur Zone911 le 24 juin 2017 : Cliquez-ici



Capitale-Nationale - Aymen Derbali

Le 29 janvier 2017, vers 19 h 45, Aymen se rend à la Grande Mosquée de Québec pour la salât, ou prière. Comme il est un peu en retard, il s’installe à l’écart de ses amis.

Quelques minutes après le début de la prière, les fidèles entendent des détonations, qui semblent venir de l’extérieur. Soudain, un tireur lourdement armé surgit dans la mosquée, puis il ouvre le feu dans tous les sens.

Paniqués et apeurés, les fidèles s’enfuient vers l’avant de la salle. Plusieurs personnes se réfugient alors dans le « mihrab », une petite niche aménagée dans le mur au fond de la salle de prière.

Le tireur s’approche du mihrab. Dès qu’Aymen l’aperçoit, il n’hésite pas un instant : il bondit sur lui pour le désarmer.

À ce moment, Aymen reçoit une première balle dans la jambe gauche. Malgré la douleur, il tente encore d’attirer l’attention du tireur, pour qu’il cesse de faire feu sur les membres de sa communauté religieuse.

Ainsi, à deux reprises, Aymen s’interpose entre l’homme armé et le mihrab. Néanmoins, après avoir reçu sept balles en quelques secondes, Aymen tombe. Il perd conscience quelques minutes plus tard. Personne n’arrivera à le réveiller sur place.

À cause de l’événement tragique, Aymen passe deux mois dans le coma, deux autres mois aux soins intensifs ainsi qu’un mois et demi en service de traumatologie. C’est seulement le 3 août 2018 qu’Aymen revient chez lui pour de bon. Cependant, il demeurera handicapé.

Cette tragédie a enlevé la vie à six personnes. Sans le geste héroïque d’Aymen, elle aurait pu être encore plus meurtrière.

En cette journée, nous rendons hommage à Aymen pour sa bravoure et son courage.

 

Capitale-Nationale - Azzedine Soufiane (à titre posthume)

La fusillade à la Grande Mosquée de Québec, survenue le 29 janvier 2017, a laissé plusieurs familles dans le deuil, notamment celle du regretté Azzedine Soufiane.

Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, Azzedine, alors âgé de 57 ans, était marié. Il était l’heureux père de trois enfants. C’était un épicier respecté de toute sa communauté, et plus encore! Les clients de son commerce aimaient tous son sourire et sa bonne humeur ainsi que le plaisir qu’il prenait à leur rendre service.

Ce dimanche-là, Azzedine se rend chez lui après avoir fermé l’épicerie. Il veut passer un moment avec sa famille avant d’aller à la mosquée pour la prière du soir.

Ainsi, à l’heure de la salât, Azzedine se rend à la mosquée. Cependant, ce soir-là, quelques minutes après le début de la cérémonie, il entend soudain des coups de feu, qui semblent venir de l’extérieur.

Quelques instants plus tard, un tireur lourdement armé entre dans la mosquée, ouvrant le feu dans tous les sens. Effrayés, les fidèles s’enfuient vers l’avant de la salle, où se trouve le mihrab. Azzedine se réfugie avec eux.

Il voit alors son ami Aymen Derbali s’interposer entre le tireur et eux. Cependant, Aymen s’effondre, ayant pris sept balles. Instantanément, Azzedine demande aux autres fidèles de l’accompagner pour immobiliser le tireur pendant que ce dernier recharge son arme. Personne ne trouvera la force de le suivre.

Avec témérité, Azzedine se rue alors sur le tireur et le retient, l’instant de quelques secondes, en l’empoignant par le collet.

Malheureusement, ce dernier est fort : il réussit rapidement à se libérer. À bout portant, il tirera froidement sur Azzedine, qui succombera à ses blessures.

Bien que cet hommage ramène de douloureux souvenirs, il est important de souligner le geste empreint d’héroïsme et de profond amour de son prochain qu’a accompli Azzedine. Il a tout tenté pour venir en aide à ses amis. La bravoure dont il a fait preuve reste la plus belle preuve de toute la bonté qui habitait cet homme.

Mauricie - Frédéric Beaulieu

Frédéric a l’habitude de faire son jogging matinal sur la promenade qui longe la rivière Saint‑Maurice, non loin d’où il habite. Il fait froid, en ce 8 avril 2017. Comme à tous les débuts de printemps, plusieurs gros blocs de glace se trouvent dans la rivière et le niveau de l’eau est très haut. Un fort courant est visible dans le secteur, puisque les installations d’un barrage hydroélectrique sont tout près.

Soudain, vers 9 h 45, Frédéric entend un cri de détresse. Comme il a l’impression que ce cri provient de la rivière, il s’approche de la balustrade qui borde la promenade pour mieux voir le cours d’eau.

Il aperçoit un canot à la renverse, à près de 10 m de la berge. Soudain, alors qu’il porte son regard vers la droite, il voit un homme qui se cramponne désespérément à une plaque de glace.

L’homme est dans l’eau glacée jusqu’aux aisselles. Il est en très mauvaise posture. Il semble épuisé et seul son gilet de sauvetage lui permet de rester à la surface.

Sans attendre, Frédéric enjambe la balustrade et court vers la rive bordée d’un muret de béton. Il passe le muret, descend sur la rivière gelée et court vers la plaque de glace où s’agrippe la victime. À ce moment, sous le poids des deux hommes, la glace craque et cède peu à peu.

Frédéric s’allonge alors sur la surface glacée afin de mieux répartir son poids. Il rampe ensuite vers le canotier. Débordant d’adrénaline, il saisit les mains du naufragé et le tire hors de l’eau, d’un seul coup. C’est tout un exploit : l’homme est corpulent, et ses vêtements sont complètement imbibés d’eau.

Frédéric le ramène sur la terre ferme et part rapidement à la recherche de secours, se dirigeant vers une maison près de la promenade. Le pauvre homme gelé trouve cependant la force de le suivre pour se réchauffer et éviter l’hypothermie.

Quelques minutes plus tard, les ambulanciers arrivent sur les lieux et prennent la situation en main.

Sans l’intervention audacieuse et courageuse de Frédéric, le canotier n’aurait pas réussi à se sortir de ce mauvais pas. Frédéric vient de sauver une vie.

Montérégie - Noureddine Fard

Vers 14 h 30, le 19 août 2017, en compagnie de sa femme et de sa fille, Noureddine roule sur l’autoroute 25, en direction sud, pour rentrer à la maison. Après avoir traversé le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, il aperçoit une voiture immobilisée sur l’accotement. Elle est remplie de fumée et une silhouette se profile à l’intérieur, laissant présager la présence d’une personne.

Sans attendre, Noureddine stationne sa voiture en bordure de l’autoroute. Laissant sa femme et sa fille en sécurité dans leur voiture, il se rend immédiatement vers le véhicule immobilisé.

Un homme, inerte, se trouve bel et bien sur le siège du conducteur. De plus, l’habitacle est envahi par une fumée très épaisse et de plusieurs couleurs. Noureddine frappe sur la carrosserie pour réveiller l’homme, mais sans succès. À ce moment, il constate qu’une forte chaleur se dégage du véhicule. Noureddine comprend qu’il doit agir rapidement.

Il crie donc à sa femme d’appeler les secours. Puis, s’armant de courage, il ouvre la portière du côté conducteur.

Il remarque alors que l’homme, assez âgé, ne porte pas sa ceinture de sécurité.

Noureddine prend le pouls du conducteur, le trouvant très faible. Il empoigne ensuite l’homme par le poignet et le tire de toutes ses forces en dehors du véhicule. Toutefois, c’est impossible : les jambes et les pieds du conducteur sont coincés par les pédales.

Nourredine s’aperçoit alors qu’un autre automobiliste s’est arrêté près des lieux pour observer l’accident. Il lui crie de venir l’aider à sortir l’homme inerte.

Il faut faire vite car des flammes ont pris naissance sous le véhicule. Avec l’aide de l’autre automobiliste, Nourredine parvient à sortir le conducteur inconscient de son véhicule et à le coucher en sécurité sur l’asphalte, un peu plus loin. Si l’autre automobiliste quitte les lieux peu après, Noureddine, quant à lui, reste aux côtés de l’homme jusqu’à l’arrivée des secours.

Grâce à son discernement, Nourredine a posé les bons gestes pour secourir son prochain.

MENTIONS D'HONNEUR DU CIVISME
La mention d'honneur du civisme, accompagnée d'un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d'un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du récipiendaire.

Outaouais - Jake Gravelle et Derek McColgan

Le 9 juin 2017, Jake et Derek se rendent à leur camp en vue de chasser l’orignal et de pêcher. Soudain, un Jeep Cherokee surgit devant eux, fonçant tout droit sur leur camionnette. Pour éviter la collision, Derek effectue une manœuvre vers la gauche, sans succès. Quelques secondes plus tard, l’autre véhicule percute le leur de plein fouet, à environ 70 km/h.

Sous le choc, les bouteilles de propane que transportent les deux véhicules se renversent, ce qui a probablement causé une fuite du gaz inflammable. Peu après, le gaz s’est enflammé, dégageant une épaisse fumée, tandis que le feu se propageait dans les véhicules.

Jake et Derek réussissent à s’extirper rapidement de leur camionnette. Ils s’approchent ensuite du jeep, ayant constaté que ses occupants sont encore à l’intérieur.

En arrivant près du véhicule utilitaire sport, ils entendent le conducteur leur crier qu’il a besoin d’aide : il est coincé à l’intérieur de son véhicule. Sans hésiter, Jake plonge ses mains par la fenêtre éclatée de la portière du côté conducteur. Après un moment, il réussit à extraire l’homme de l’habitacle enflammé. Derek l’assiste, et tous les deux transportent l’homme à quelques mètres du véhicule en feu.

Le conducteur ne cesse de les supplier d’aller chercher son père, qui était assis du côté passager du jeep. Mais il est trop tard : le véhicule est maintenant un brasier.

Jake remarque alors que son véhicule tout terrain a été éjecté de sa camionnette au moment de la collision. Comme ils ne peuvent pas contacter les secours de cet endroit et que Derek s’est blessé gravement à la jambe, Jake part chercher de l’aide en VTT. Et ce, même s’il s’est cassé un doigt et brûlé une main dans l’incident.

Il parcourt plusieurs kilomètres avant de croiser une voiture, qu’il fait arrêter. Il explique alors la situation aux occupants, qui appelleront les secours. Pendant ce temps, Derek reste avec le conducteur de l’autre véhicule. Il s’assure de la stabilité de l’état de ce dernier. Il faudra plus de trois heures aux secours avant d’arriver sur les lieux.

Jake se rétablira rapidement de ses blessures. Toutefois, Derek aura besoin de plusieurs mois avant d’être en mesure de retrouver une vie normale et de reprendre le travail.

Malgré le choc qu’ils venaient eux-mêmes de subir lors de la collision, Jake et Derek ont trouvé la force et le courage de porter secours à autrui. Ils ont réussi à sauver une vie.

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